Pour les bulletins paroissiaux

Trêve de Noël 1914 : un texte pour votre bulletin paroissial

Un extrait du livre « Le Premier à se lever », à reproduire gratuitement jusqu’au 6 janvier 2027, avec une illustration en qualité d’impression.

Reproduction
gratuite dans les bulletins et feuilles paroissiales, les journaux diocésains et les bulletins d’associations, sur papier comme en ligne, jusqu’au 6 janvier 2027
Longueur
environ 3 800 signes espaces compris (682 mots), plus un chapô ; vous pouvez le raccourcir
Merci
de reproduire la mention de la source juste sous le texte
Illustrations
deux au choix, en niveaux de gris, 1438 × 2576 pixels, environ 12 × 22 cm à 300 dpi
Exemplaire justificatif
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Le texte

Deux titres au choix

ADouce nuit dans le no man’s land

BQui d’entre nous aurait été le premier à se lever ?

La veille de Noël 1914, sur le front de l’Ouest, des soldats sortirent de leurs tranchées et tendirent la main à l’ennemi. Un extrait du livre « Le Premier à se lever » de Bernd Blasius.

La veille de Noël 1914, la lune brillait au-dessus des champs, près d’Armentières. C’était la première nuit claire depuis bien longtemps, limpide et d’un froid mordant. Dans les tranchées britanniques, les sentinelles se tenaient le fusil entre leurs mains engourdies, les yeux fixés sur l’autre côté. Prêts à tout. Sauf à ce qui allait venir.

À un moment de la soirée, des lumières apparurent du côté allemand. Des bougies, fixées à de petits sapins alignés le long des tranchées, l’un à côté de l’autre. Puis, en face, ils se mirent à chanter : « Stille Nacht, heilige Nacht », que l’on chante en français sous le titre de « Douce nuit ». Joseph Mohr, un jeune vicaire, en avait écrit les paroles dans un pays qui sortait de vingt années de guerre ; le chant résonna pour la première fois en 1818, à la messe de minuit d’Oberndorf, près de Salzbourg. Cette nuit-là, il traversa le no man’s land.

À quelques kilomètres de là, à Saint-Yvon, un jeune officier britannique, Bruce Bairnsfather, entendit une voix dans l’obscurité crier en anglais, avec un fort accent allemand : « Come over here ! » – Venez par ici ! Un sergent renvoya exactement les mêmes mots. De l’obscurité vint la réponse : « Tu fais la moitié du chemin, je fais la moitié du chemin. »

Du côté allemand, le sous-lieutenant Kurt Zehmisch, futur instituteur originaire du Vogtland, nota dans son journal ce qui se passa ensuite : des deux côtés, quelques hommes sortirent de leurs tranchées. Au milieu du no man’s land, ils se serrèrent la main et se souhaitèrent un joyeux Noël.

Je ne sais pas lequel d’entre eux tendit la main le premier. Je sais seulement qu’ils l’ont fait. Ils étaient là, en pleine nuit, sur le sol gelé entre les tranchées, quelques hommes de Saxe et quelques-uns d’Angleterre. Depuis des mois, chacun n’avait été pour l’autre qu’une ombre derrière des sacs de sable. À présent, chacun se tenait face à un homme. Des mains froides trouvèrent d’autres mains froides, et la poignée de main était chaude.

Le matin de Noël, en bien des endroits, le no man’s land fut bientôt plein d’hommes. Mais ce que beaucoup y firent d’abord n’était pas pour les vivants. Dans un champ de choux inondé, on porta les morts des deux camps jusqu’à un fossé plein d’eau, au milieu. Chacun portait les morts de l’autre.

Quand les tombes furent refermées, l’aumônier d’un régiment écossais, J. Esslemont Adams, célébra un bref office, et l’on lut le psaume 23 : « L’Éternel est mon berger : je ne manquerai de rien. » Un étudiant en théologie allemand traduisait pour ses camarades. Au bord du fossé se tenaient des hommes qui, depuis des semaines, devaient s’entre-tuer, et ils écoutaient le même psaume, une fois en anglais, une fois en allemand.

Devant une tombe, il n’y a pas de front. Il n’y a que des êtres qui ont perdu quelqu’un.

Les armes ne se turent pas partout, et la guerre dura encore près de quatre ans. Qui d’entre nous aurait été le premier à se lever ? Le courage de ces hommes n’était pas celui du héros qui charge. C’était le courage de celui qui se rend vulnérable. Des mains vides disent : je ne te ferai pas de mal. Et elles demandent : me feras-tu du mal ?

On peut se lever d’une table de fête de deux façons : pour partir plus tôt, ou pour aller vers l’autre. Parfois, la personne que tu attends n’est assise qu’à quelques places de toi, et depuis des années, vous parlez de la pluie et du beau temps. Parfois, plus aucune table ne vous réunit. Alors le chemin vers l’autre est plus long. Il commence pourtant par une seule phrase.

Ce n’est pas à toutes les tables qu’il faut aller vers l’autre. À une table sans milieu, se lever peut vouloir dire garder la tête haute et tracer une limite. À bien d’autres, se lever a le même sens qu’en 1914 : faire le premier pas hors de sa propre tranchée.

Extrait de : Bernd Blasius, « Le Premier à se lever. La trêve de Noël de 1914 et le courage de quitter nos tranchées », 2026. Broché 15,90 €, relié 23,90 €, numérique 9,99 €, disponible sur Amazon. En savoir plus : humane-weltformel.de/fr/le-premier-a-se-lever

Les illustrations

Les dessins sont des illustrations de 2026, réalisées avec l’aide de l’IA. Ce ne sont pas des photographies de 1914.

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